mercredi 17 janvier 2007

Joël Cornette, lauréat du Grand Prix d’histoire de l’Académie française

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Joël Cornette, lauréat du

Grand Prix d’histoire (prix Gobert)

de l’Académie française



Joel Cornette, professeur d’histoire moderne, est lauréat du Grand Prix d’histoire (prix Gobert) de l’Académie française, 2006 pour l’Histoire de la Bretagne et des Bretons (Le Seuil, 2005) et l’ensemble de son oeuvre.

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Joël Cornette


- information provenant du site de l'Académie française :


SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE
  le jeudi 30 novembre 2006

Discours  sur les prix littéraires 

par M. Yves POULIQUEN
  Directeur en exercice

PARIS PALAIS DE L’INSTITUT


Le Grand Prix Gobert a été attribué à M. Joël Cornette pour L’Histoire de la Bretagne et des Bretons etFumaroli l’ensemble de son œuvre. M. Joël Cornette est l’un de nos plus grands historiens de la monarchie du XVIIe siècle. Son œuvre est monumentale. M. Marc Fumaroli [photo ci-contre] précise : «il est d’autant plus admirable qu’il ait, quittant le point de vue du centre pour celui de la périphérie, édifié un monument à l’histoire du duché de Bretagne. Sur une très longue durée, depuis ses origines jusqu’à nos jours, en passant par la transformation du duché en province et de la province en départements. Cette gageure est à l’origine d’un chef-d’œuvre à la fois de science et de style».


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mercredi 10 janvier 2007

Jean-Pierre Vernant (1914-2007)

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Jean-Pierre Vernant (1914-2007)



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L'helléniste Jean-Pierre Vernant [ci-contre en 1944 à Toulouse], né le 4 janvier 1914, est mort le mardi 9 janvier 2007 à son domicile, à Sèvres. Major de l'agrégation de philosophie en 1937, grand résistant, il s'était spécialisé, après-guerre, dans l'étude de la Grèce ancienne (CNRS, École pratique des hautes études, Collège de France).

- bio-bibliographie de Jean-Pierre Vernant sur le site du  Collège de France



bibliographie

- Les origines de la pensée grecque, PUF, 1962.

- Mythe et pensée chez les Grecs. Études de psychologie historique, Maspero, 1965, rééd 2006.

- Mythe et tragédie en Grèce ancienne (vol. I) (en collaboration avec Pierre Vidal-Naquet), Maspero, 1972. (vol. II)

- Mythe et société en Grèce ancienne, Maspero, 1974, rééd. 1981.

- Les ruses de l'intelligence. La métis des Grecs, en collaboration avec Marcel Detienne), Flammarion, 1974.

- Religions, histoires, raisons, Maspero, 1979, rééd. 2006.

- La cuisine du sacrifice en pays grec (en collaboration avec Marcel Detienne), Gallimard, 1979.

- Travail et esclavage en Grèce ancienne (en collaboration avec Pierre Vidal-Naquet), Ed. Complexe,jpv Bruxelles 1988.

- Oedipe et ses mythes (en collaboration avec Pierre Vidal-Naquet), éd. Complexe, Bruxelles, 1988.

- L'individu, la mort, l'amour. Soi-même et l'autre en Grèce ancienne, Gallimard, 1989.

- Figures, idoles, masques, Julliard, 1990, rééd. 1993.

- La Grèce ancienne 1. Du mythe à la raison (avec Pierre Vidal-Naquet), Seuil, 1990.

- La Grèce ancienne 2. L'espace et le temps (avec Pierre Vidal-Naquet), Seuil, 1992.

- La Grèce ancienne 3. Rites de passage et transgressions (avec Pierre Vidal-Naquet), Seuil, 1992.

- Entre mythe et politique, Seuil, 1996.

- Dans l'oeil du miroir (avec Françoise Frontisi-Ducroux), Odile Jacob, 1997.

- Problèmes de la guerre en Grèce ancienne (dir.), Seuil, 1999.

- La volonté de comprendre, éd. de l'Aube, 1999.

- Ulysse, suivi de Persée, petite conférence sur la Grèce, Bayard, 2004.

- La traversée des frontières, éd. Olender, 2005.

- L'univers, les dieux, les hommes, Seuil, 2006.

- Pandora, la première femme, Bayard Centurion, 2006.


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«La mythologie, c'est une vision de soi face au monde»

Jean-Pierre VERNANT


L'Express, 26 juin 2003
propos recueillis par François Busnel

Il a révolutionné l'étude de la civilisation grecque. Depuis son premier livre, Les Origines de la pensée grecque (1962), Jean-Pierre Vernant a proposé les analyses les plus novatrices des mythes grecs, dans la lignée de Dumézil et de Lévi-Strauss. Ardent défenseur de l'enseignement du grec, grand érudit, il est aussi un merveilleux passeur : son dernier ouvrage, L'Univers, les dieux, les hommes (Points/Seuil), est traduit en 32 langues. En prélude à notre série de grands reportages d'été, qui, dès la semaine prochaine, nousvernant_10_18 entraînera sur les traces d'Ulysse, il nous donne les clefs de L'Iliade et de L'Odyssée.

       
Jean-Pierre Vernant

Né en 1914, orphelin de guerre, Jean-Pierre Vernant est reçu major de l'agrégation de philosophie en 1937. Mobilisé en 1939, il entre dans la Résistance et devient, en 1944, chef des FFI de la région toulousaine. Depuis 1948, il consacre sa vie à la Grèce ancienne, travaillant au CNRS d'abord, puis à l'Ecole des hautes études, au Centre de recherches comparées sur les sociétés anciennes, qu'il crée en 1964, et au Collège de France, où il est aujourd'hui professeur honoraire. Engagé à l'âge de 17 ans dans les rangs du Parti communiste, «parce qu'il fallait faire obstacle au fascisme», il est exclu une première fois en 1938. Réintégré en 1947, il quitte définitivement le PC en 1970.


Que vous inspire l'idée trop répandue selon laquelle la mythologie grecque, et par conséquent l'enseignement du grec et du latin, ne sert à rien ?
Hélas ! ce n'est pas une idée nouvelle. Quand il était ministre de l'Éducation nationale, Lionel Jospin m'a commandé, par l'intermédiaire de Claude Allègre, un rapport sur l'enseignement du latin et du grec dans le secondaire. A cette époque, du ministère aux directeurs d'établissement, tout le monde pensait qu'il fallait éliminer l'enseignement du grec car «ça ne servait pas à grand-chose». J'ai alors demandé aux professeurs de grec de m'envoyer une fiche sur laquelle seraient évoquées l'évolution de leurs effectifs dans les cinq dernières années, ainsi que la profession des parents des élèves qui choisissaient le grec. Double surprise : non seulement les effectifs étaient restés à peu près constants d'une année sur l'autre, mais j'ai constaté que les meilleurs élèves en grec étaient... ceux d'origine maghrébine, et notamment les filles ! Dans mon rapport, j'ai donc battu en brèche l'idée de l'inutilité du grec en me fondant sur l'argument suivant : les Maghrébines ont parfaitement compris que la meilleure issue pour elles est de s'intégrer et que l'intégration implique de choisir ce qu'il y a de plus élitiste dans la culture à intégrer, c'est-à-dire ce qui semble le plus éloigné de ce que les gens se représentent comme étant la culture maghrébine.

Cela dit, la culture grecque est commune à l'Europe du Nord et au Maghreb...
Absolument. Et on n'a pas besoin de remonter à saint Augustin pour le prouver! Le Maghreb a été fortement hellénisé et il a fait partie d'un ensemble culturel méditerranéen marqué par la culture gréco-latine. En étudiant le grec, les Maghrébines renouent donc d'une certaine façon avec leur propre passé. Voilà un exemple qui montre que l'on ne peut régler le problème du latin et du grec vernant_3en prétendant qu'il s'agit là d'une culture élitiste et déconnectée de nos préoccupations actuelles. Mais il faut être clair, quand on me demande à quoi sert le grec, je réponds : «A rien». Pas plus que les mathématiques contemporaines ou la physique quantique. Ça ne sert à rien, sauf à fabriquer le cerveau, à composer ce qui s'appelle la culture. Le contact avec la littérature grecque, notamment L'Iliade et L'Odyssée, mais aussi les poètes tragiques, tels Eschyle, Euripide ou Sophocle, ou encore Sappho, n'est pas de l'ordre de l'utilité, mais de l'émotion et de la beauté.


«Derrière l'histoire émerge toujours une certaine façon

de saisir le monde»

D'où viennent les mythes grecs ?
Ce que nous appelons «mythologie grecque», c'est sans doute ce qui était raconté autrefois aux petits enfants. Elle nous est connue par les textes des grands poètes classiques : Hésiode, Homère, Pindare et quelques autres. Leur particularité est la suivante : ce sont des récits «merveilleux», où il se passe toujours des choses extraordinaires, qui posent un problème concret, mais qui ne prennent jamais la forme d'un exposé théorique. La mythologie se distingue donc des traités philosophiques ou des livres d'histoire, tels qu'Hérodote ou Thucydide les concevèrent plus tard. Ce sont des contes. À travers ces histoires, qui sont toujours plaisantes à entendre, où il y a toujours un commencement et une fin, le problème posé se dévoile à mesure que le texte se déroule. Ainsi, lorsqu'Hésiode raconte la formation du monde ou la naissance de la première femme, il ne pose pas la question «Qu'est-ce que l'homme ?» (que poseront en ces termes les philosophes), mais développe une histoire dont il faut se pénétrer pour saisir la progression dramatique. Derrière l'histoire émerge toujours une certaine façon de saisir le monde, de comprendre ce qu'est Vernant_2l'existence humaine, la place de l'homme dans le monde, le rapport de l'homme à la nature ou aux dieux...

Mais quelle est la fonction de cette histoire ?
L'approche du mythe est très différente de celle à laquelle notre civilisation nous a habitués : elle marque une prise de distance par rapport à ce qui, aujourd'hui, nous semble évident. Comment penser la mort, par exemple ? Pour nous, la mort est l'impensable, d'autant plus impensable que notre culture a forgé l'idée que chaque être est singulier et irremplaçable. Il y a un âge, vers 7 ou 8 ans, où les enfants se posent cette question. La mythologie sert à présenter ce problème et à lui apporter une réponse possible, mais sous la forme d'une belle histoire, beaucoup plus marquante qu'une théorie. La mythologie propose donc une stratégie à l'égard de la mort. Elle propose une façon de se voir soi-même dans le monde.


La mythologie délivre-t-elle une morale ?
Pas au sens où nous l'entendons aujourd'hui. Il ne s'agit pas d'une morale de l'interdit, du péché, du remordsJpvernant ou de la culpabilité ; c'est une morale des valeurs. Et la principale valeur, pour les Grecs, est le bien. Il y a, d'un côté, ceux qui sont bien et, de l'autre, ceux qui ne sont pas bien. L'essentiel tient dans la façon d'être, d'agir, de parler, d'accueillir l'autre, de se comporter à l'égard de ses ennemis ou de ses amis... Tout cela définit ce que les Grecs appellent le «beau-bien», qui n'a pas la connotation morale qu'on lui prête aujourd'hui mais renvoie à l'idée que l'on ne saurait commettre de vilenies et de choses basses. Entrer dans la culture grecque permet de s'affranchir de l'embrouillamini des valeurs modernes où règnent la concurrence et la brutalité. C'est aussi affirmer que nous avons besoin, dans notre vie, de quelque chose qui ne soit pas de l'ordre de l'utilité immédiate mais de l'ordre de l'esthétique. De la beauté. Chez les Grecs, toute la culture tourne autour de la beauté. Ce qui prévaut n'est ni l'utilitarisme ni quelque vertu dictée de l'au-delà, mais le goût de la liberté et du débat intellectuel qui rendent la vie plus belle. C'est en cela, d'ailleurs, que la culture grecque se différencie de la culture égyptienne ou babylonienne. La mythologie affirme l'idée qu'il n'est pas de problème qui ne puisse être résolu par l'enquête intellectuelle et le débat culturel.

La reprenez-vous à votre compte ?
Quand j'étais jeune, j'ai longtemps cru à l'idée de progrès, à cette idée que la science et la technique aboliraient un jour toutes les superstitions... Si je m'étais mieux pénétré des mythes grecs, j'aurais compris plus tôt que cette idée que nous devons être «comme maîtres et possesseurs de la nature», pour reprendre la phrase de Descartes, est absurde. Comment pourrions-nous dominer la nature puisque nous en sommes un morceau ? Comment pourrions-nous dominer un tout dont nous sommes une partie ? Pour les Grecs, l'homme est inscrit dans un espace. Il y est enfermé. Et il ne peut le dépasser qu'en comprenant quelle est sa place dans le monde et non en croyant qu'il peut prendre toute la place du monde.


«Homère est une sorte de savoir universel»

Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?
L'historien Paul Veyne a très bien posé la question [Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, Points/Seuil]. La réponse réside dans le sens que vous donnez au verbe «croire». Le mot croyance définit des plans 03d'adhésion intellectuels très divers. «Je crois que deux et deux font quatre», répond Dom Juan, chez Molière. Je crois que la Terre est ronde, ce qui est déjà différent, et que c'est elle qui tourne autour du Soleil. Je crois en la démocratie, en la fraternité, et en tout un tas de choses que je n'ai pas vérifiées... Mais ce n'est pas le même type de croyance que la foi, qui est adhésion à une vérité qui me dépasse et est imposée par le fait que l'on participe à une Église. Ces croyances sont différentes du credo religieux. Ce dernier est totalement absent de la religion grecque. Les mythes grecs ne constituent pas des vérités auxquelles il faut adhérer : on en prend et on en laisse, on y croit sans y croire, on y croit parce que tous les Grecs y croient et qu'on est grec. De plus, il y a plusieurs versions de chaque mythe. Les mythes sont avant tout des récits transmis par la littérature. Aujourd'hui, quand vous lisez un roman, vous savez bien que c'est une fiction, mais il y a des romans qui ne tiennent pas debout et ne sont pas crédibles, et il y a des romans que vous croyez comme si c'était vrai. L'adhésion aux mythes vient de ce que le déroulement de l'histoire paraît ouvrir une compréhension sur les personnages. Les Grecs apprenaient L'Iliade et L'Odyssée par cœur. Mais y croyaient-ils ? Oui, puisqu'ils pensaient que ces héros avaient existé dans des temps très reculés. Mais, en même temps, ils savaient très bien que c'était de la littérature. Il faut donc différencier les types de croyances.


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Ulysse et les sirènes, musée du Bardo (Tunis)


Récemment, des historiens ont prétendu avoir la preuve qu'Homère n'avait jamais existé. Cette révélation change-t-elle quelque chose ?

Franchement, on s'en fout complètement ! Le rôle des historiens et des archéologues est de savoir ce qu'il y avait réellement au XVIe siècle ou au VIIIe siècle avant notre ère. Qu'Homère ait existé ou pas, qu'il ait écrit uniquement L'Iliade et pas L'Odyssée n'a guère d'importance, sauf pour les historiens et les spécialistes. Ce qui compte, ce sont les textes, formidables, et leur écho.

En quoi L'Iliade et L'Odyssée sont-elles pour nous des textes fondateurs ?
Au VIe siècle, les tyrans d'Athènes demandèrent aux spécialistes des poèmes d'Homère de coudre les différentes parties du poème pour lui donner une cohérence. Puis, pendant toute l'Antiquité, les textes les plus présents dans les bibliothèques furent L'Iliade et L'Odyssée. Au IVe siècle, Platon dira (pour le regretter) que tout se trouve dans Homère : la morale, la politique, ce que sont les dieux, comment construire un bateau, se battre, se réconcilier, labourer, parler... Homère est une sorte de savoir universel. Si ça, ce n'est pas le fondement de notre culture ! Même au Moyen Age et à l'époque classique, toutes les épopées ont été influencées par L'Iliade et L'Odyssée.

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Jean-Pierre Vernant et Jacques Legoff

Vous avez écrit que L'Odyssée était plus intéressante que L'Iliade. En quoi?
L'Iliade raconte la vie d'une armée mais assez peu le fonctionnement de la cité. Or L'Odyssée nous présente de façon très précise la vie sociale à Ithaque, la patrie d'Ulysse. On y décrit le rôle de l'Assemblée, le pouvoir et les problèmes que rencontrent les rois... Mais les deux textes ne peuvent être envisagés indépendamment l'un de l'autre. Car L'Odyssée est, d'une certaine façon, une contre-Iliade. L'Iliade est fondée sur une notion centrale qui est l'héroïsme, réponse apportée au problème du sens de la vie et de la mort. Rappelez-vous qu'Achille doit choisir entre une vie bien tranquille jusqu'à un âge avancé, entouré de l'affection des siens, et une vie très brève. Dans le premier cas, il vivra, certes, longtemps, mais ne laissera rien après sa mort. Ce sera la disparition pure et simple, il sera effacé comme s'il n'avait jamais existé. Dans le second cas, il devra tout le temps mettre sa vie en jeu, mais s'il meurt, il survivra car il obtiendra la gloire auprès des hommes. Or qu'est-ce que la vie sans la gloire ? Achille choisit la seconde solution. En effet, aux yeux des Grecs, vous n'existez vraiment qu'à condition de connaître la gloire. Pour eux, il s'agit non pas de conserver la vie mais de la conquérir ; or le seul moyen de la conquérir, c'est la mort. La mort comme moyen de réaliser une non-mort en gloire, telle est l'invention grecque. Mais, dans L'Odyssée, lorsque Ulysse se rend aux Enfers et croise l'ombre d'Achille, mort au combat, ce dernier revient sur son choix et lui dit qu'il préférerait être le dernier des misérables sur terre mais être en vie, plutôt que le premier des morts. L'Odyssée est donc L'Iliade inversée. Les deux textes dialoguent de manière passionnante.

Et que nous dit l'histoire d'Ulysse ?
Ulysse n'est pas à la recherche de la gloire. C'est l'histoire d'un homme qui veut rentrer chez lui et vieillir auprès de son épouse et de son fils. Ulysse, c'est l'anti-Achille. Son aventure consiste à savoir comment il peut accomplir son destin, qui est de retrouver sa patrie et de ne pas renoncer à lui-même.

L'Express du 26 juin 2003

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http://vignette.librairie.auchandirect.fr/livre_r?l_isbn=2707146501r


15349présentation éditoriale de quelques-uns des

ouvrages de Jean-Pierre Vernant





Mythe et tragédie en Grèce ancienne (1972 et 1986)
présentation de l'éditeur
En 1972, Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet faisaient paraître Mythe et tragédie en Grèce ancienne, un recueil de sept études qui s'efforce de soumettre les textes antiques à l'analyse structurale, à une recherche de l'intention littéraire et au démontage sociologique. Cette triple approche n'est pas appliquée au mythe lui-même, mais aux tragédies en ce que chacune a de singulier, considérée comme "phénomène indissolublement social, esthétique et psychologique". Paru quatorze ans plus tard, Mythe et tragédie II élargit la perspective choisie et centre l'analyse sur les dieux de la tragédie du Ve siècle, et en particulier sur le dieu du théâtre, le dieu au masque : Dionysos. Au-delà du théâtre classique, les auteurs se demandent pourquoi ce classicisme est devenu notre classicisme. Ces deux ouvrages sont aujourd'hui devenus des références incontournables pour tous les étudiants et les chercheurs en histoire ancienne, et au-delà, pour tous ceux qui s'intéressent aux rôles et aux structures des mythes.


Les ruses de l'intelligence. La mètis des Grecs (avec Marcel Detienne) (1974 et 1993)
prsésentation de l'éditeur
La mètis des Grecs - ou intelligence de la ruse - s'exerçait sur des plans très divers mais toujours à des fins pratiques : savoir-faire de l'artisan, habileté du sophiste, prudence du politique ou art de pilote dirigeant son navire. La mètis impliquait ainsi une série d'attitudes mentales combinant le flair, la sagacité, la débrouillardise... Multiple et polymorphe, elle s'appliquait à des réalités mouvantes qui ne se prêtent ni à la mesure précise ni au raisonnement rigoureux.
Engagée dans le devenir et l'action, cette forme d'intelligence a été, à partir du Ve siècle, refoulée dans l'ombre par les philosophes. Au nom d'une métaphysique de l'être et de l'immuable, le savoir conjectural et la connaissance oblique des habiles et des prudents furent rejetés du côté du non-savoir.
Reconnaître le champ de la mètis, ses marques "en creux" aux différents niveaux de pratique et de pensée de la société grecque - de la chasse à la médecine, de la pêche à la rhétorique - c'est, pour les auteurs de ce livre, réhabiliter une "catégorie" que les héllénistes modernes ont largement méconnue.


Religions, histoires, raisons (1979-2006)
présentation de l'éditeur
Agrégé de philosophie et grand spécialiste de la pensée grecque, Jean-Pierre Vernant a longtemps occupé la chaire d'études comparées des religions antiques au Collège de France. En hommage à son travail, cet ouvrage rassemble plusieurs de ses articles et exposés échelonnés entre 1965 et 1975, portant sur le caractère universel du fait religieux, l'avènement de la pensée rationnelle ou encore les rapports entre histoire et psychologie. Ses recherches visant à "reconnaître au phénomène religieux le statut d'un objet de connaissance, accessible comme tout autre à l'investigation scientifique", Jean-Pierre Vernant est l'un des premiers à considérer l'homme primitif par le prisme du contexte social et historique, et à se référer aux sciences humaines (linguistique, ethnologie...) pour expliquer la spécificité de son être au monde.


Problèmes de la guerre en Grèce ancienne (1999)
présentation de l'éditeur
L'enquête dont ce volume donne les résultats a été conduite dans une double perspective, historique et sociologique. Il ne s'agissait pas seulement de brosser le tableau des institutions militaires, de dégager le portrait psychologique du combattant, mais, plus profondément, de définir le rôle, le statut social, la signification même de la guerre dans la civilisation grecque.
Le monde mycénien, le système classique, l'époque hellénistique, trois moments essentiels où se dessine un nouveau visage de la guerre. Dans le monde mycénien, la guerre semble bien être une fonction spécialisée. Avec la cité, avec la phalange des hoplites, la guerre devient "politique" : le personnage du guerrier cède la place au citoyen-soldat, l'activité guerrière se confond avec la vie commune du groupe. À l'époque hellénistique, avec les armées de mercenaires, recrutées par les princes pour conquérir des empires, la guerre se sépare de la politique ; elle prend la forme d'une activité de professionnels au service du souverain.


La volonté de comprendre (1999)
présentation de l'éditeur

Jeune antifasciste des années 30, grand résistant du Sud-Ouest, compagnon de la Libération, militant anticolonialiste, philosophe puis helléniste, Jean-Pierre Vernant a consacré sa vie à la mythologie grecque. Avec son extraordinaire talent de conteur, il retrace ici son parcours tout en montrant «ce que la Grèce nous apprend du monde».Et «ce qui nous manque, constate-t-il, ce serait quelqu'un qui ferait un peu ce qu'a fait Marx pour la fin du XIXe siècle - tenter de comprendre les grand traits qui expliquent le mouvement et la crise de notre culture». N'est-il pas l'un de ceux qui comblent ce manque ?


Pandora, la première femme (2006)
présentation de l'éditeur
On amène Pandora devant les dieux et les hommes toujours rassemblés avant la grande séparation. Ils sont tous suffoqués, estomaqués. Elle est merveilleuse. Elle resplendit de beauté et d'éclat. On ne peut la voir sans être séduit, l'aimer, la désirer. Alors Zeus déclare que cet être, qui vient d'être créé artificiellement, est la première femme, l'ancêtre de toutes les femmes. Elle est appelée Pandora dans le texte, car elle est le cadeau (doron) que tous (pan) les dieux vont faire aux humains. Une brillante évocation du mythe grec de la création de la femme et de la différenciation sexuelle.

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"Le grec, ça ne sert à rien, sauf à fabriquer le cerveau,
à composer ce qui s'appelle la culture".



- Pierre Vidal-Naquet (1930-200

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